INTERVENTION
de S. E. M. Jean-Robert GOULONGANA
SECRETAIRE
GENERAL DU GROUPE ACP
A
L’OCCASION DU LANCEMENT DES NEGOCIATIONS DES APE POUR LA REGION AFRIQUE
ORIENTALE ET AUSTRALE ET DE LA PREMIERE SESSION DE NEGOCIATION ENTRE LES
MINISTRES DE L’AOA ET LA COMMISSION EUROPEENNE
7 février 2004
International Conference Centre
Grand-Baie, Maurice
Seul le discours prononcé fait foi
Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Commissaire européen chargé du Commerce,
Madame la Commissaire chargée du
Commerce et de l’Industrie de l’Union Africaine,
Messieurs les ministres,
Monsieur le Secrétaire général de la COMESA,
Monsieur le Secrétaire Général de la
Communauté de l’Afrique de l’Est,
Monsieur le Directeur général du
Développement,
Excellences Mesdames et Messieurs les
Ambassadeurs et Membres du corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi, Monsieur le Premier ministre, d’exprimer de
prime abord, ma joie d'être ici à
Maurice, pays exemplaire à bien des égards. Il l’est par la qualité de son
système politique et institutionnel, par le dynamisme de son économie ainsi que
par la remarquable richesse de son patrimoine culturel.
Je suis d’autant plus heureux qu’il m’est donné de me
trouver dans votre beau pays, pour prendre part au lancement des négociations
d’un APE pour la région Afrique orientale et australe ainsi qu’à la première
réunion de négociation ministérielle avec la Commission européenne, représentée
par le Commissaire Pascal LAMY dont je voudrais ici saluer, encore une fois,
l’engagement constant en faveur de la préservation et de l’approfondissement du
partenariat ACP-UE.
L’offre de votre pays, Monsieur le Premier ministre,
d’accueillir les présentes assises constitue un témoignage de plus de sa volonté
d’œuvrer au renforcement de la coopération régionale et à la promotion d’un
partenariat bénéfique entre les Etats ACP et l’Union européenne. Le Groupe ACP apprécie hautement cet
engagement invariable. A ce propos permettez-moi de rendre hommage à
l’inestimable contribution apportée par
vos représentants, tant au sein du Conseil des ministres que du Comité des
ambassadeurs, dans la définition et la défense des positions du Groupe.
Monsieur le Premier ministre,
La coopération ACP-UE entrera bientôt dans une nouvelle
phase avec la conclusion et la mise en œuvre des Accords de partenariat
économique. Conçus pour être des instruments au service du développement
durable des pays ACP, les APE doivent aider à promouvoir une croissance soutenue dans ces
Etats, en favorisant l'amélioration de leur capacité tant de production que
d’offre et, ce faisant, faciliter leur insertion dans l’économie mondiale.
Le Groupe ACP a convenu que les APE seront négociés, dans la
2ème phase, par les régions, qui veilleront non seulement à
préserver l’unité et la solidarité au sein du Groupe, mais également à
l’intérieur des régions et entre celles-ci.
Afin de réaliser ces objectifs, il a été admis que les APE
doivent se fonder sur les initiatives d'intégration régionale déjà engagées au
sein du Groupe ACP et les appuyer. Je voudrais, dès lors, saisir cette occasion
pour féliciter les pays d'Afrique orientale et australe d'avoir franchi une
étape importante en procédant à la définition d’une configuration régionale qui
permet aujourd'hui le lancement des négociations avec la Commission européenne.
A
cet égard, je sais les difficultés que cette région a eues pour définir une
configuration pour les négociations. Je demeure convaincu que, même si la
configuration retenue ne coïncide pas avec la zone actuellement couverte par le
Marché Commun d’Afrique orientale et australe, les négociations de cette région
seront guidées par le principe selon lequel les APE doivent contribuer à une
plus grande intégration régionale pour permettre à terme une libéralisation
bénéfique des échanges avec l’Europe et le reste du monde.
Au demeurant, l’objectif initial de la feuille de route proposée par la
Commission européenne pourrait permettre d’apporter une réponse à cette
question. En effet, la première priorité énoncée dans cette feuille de route
consiste à discuter avec la région de ses objectifs et de ses priorités en
matière d’intégration. Ceci permettra de prendre, conjointement, les mesures
appropriées.
Monsieur le Premier ministre,
Le lancement, aujourd’hui, des négociations marque l’aboutissement des
efforts concertés que les pays d’Afrique orientale et australe ont déployés
pour préparer cette phase des négociations. Au niveau ACP, aucun effort n’a non
plus été ménagé pour faciliter le lancement des phases régionales des
négociations.
Ainsi, après la signature en juin 2000 de l’Accord de Cotonou, le Groupe
ACP a pris différentes mesures et mené de nombreuses activités préparatoires.
Des séminaires ont été organisés dans toutes les régions et des discussions ont
eu lieu avec différentes parties prenantes : fonctionnaires chargés des
questions commerciales, représentants d’organisations d’intégration économique
régionale, secteur privé et société civile, sans oublier les concertations ministérielles.
Ces discussions ont porté sur les questions fondamentales auxquelles les
ACP auraient à faire face pendant les préparatifs des négociations.
Dans le même sens, le Secrétariat ACP a fait réaliser des études afin
d’évaluer la compatibilité des politiques commerciales dans le cadre des
processus d’intégration économique régionale ACP actuels. Ces études avaient
également pour but d’évaluer l’impact des APE sur l’intégration économique
régionale et d’établir les premiers scénarios d’adaptation.
Sur la base des résultats des séminaires, des études et autres
consultations au sein du Groupe ACP, des orientations ACP pour la négociation
des accords de partenariat économique ont été élaborées et adoptées par le
Conseil des ministres en juin 2002.
Ce processus préparatoire a permis le lancement à Bruxelles, le 27
septembre 2002, des négociations des accords de partenariat économique au
niveau « tous ACP-UE. Lors de la réunion d’ouverture, les ACP et la
Commission européenne ont convenu de mener ces négociations en deux phases. La
première phase, au niveau « Tous ACP » abordant les questions
d’intérêt commun à toutes les parties. La seconde phase au niveau des pays et
régions ACP, traitant des questions spécifiques aux différents pays et régions .
Etalée de septembre 2002 à octobre 2003, la première phase a permis un
échange de vues sur différentes questions notamment : les questions
juridiques et de procédure ; la dimension développement des APE, l’
agriculture et accords de pêche , les services, l’ accès au marché et
les questions liées au commerce.
Les discussions de la première phase ont permis à chaque partie de mieux
comprendre les positions de l’autre.
Cependant, étant donné que toutes les questions débattues durant la
première phase n’ont pas été conclues et que certaines n’ont pas été du tout
abordées, le Conseil des ministres ACP et la Commission européenne ont convenu
que les discussions au niveau « tous ACP-UE» devaient se poursuivre dans
le cadre d’un comité technique de suivi ACP-CE et au besoin au niveau
ministériel.
Ce mécanisme de suivi aura pour principal objectif de garantir une libre
circulation des informations et de promouvoir le dialogue entre les différents
groupements régionaux, d’une part, et entre ceux-ci et la CE, d’autre part. Le
comité technique de suivi sera composé de représentants des différents
groupements régionaux ou configuration de négociation du Secrétariat ACP, de la
troïka du Comité des ambassadeurs ACP et de la Commission européenne.
La composante technique ACP du mécanisme de suivi ACP s’est réuni à
Bruxelles il y a deux semaines. Outre les conclusions relatives à ses modalités
de fonctionnement, le Groupe technique de suivi a recommandé l’examen au niveau
« Tous ACP », en vue d’une compréhension mutuelle, de certaines
questions telles que, entre autres :
Des consultations sont en cours avec la Commission européenne pour
déterminer une date pour la première réunion du Comité technique de suivi
ACP-CE.
Monsieur le Premier ministre,
La coopération entre le Groupe ACP et l’Union européenne dépasse faut-il
le souligner, le cadre des questions commerciales pour toucher des domaines
tels que le financement du développent et le dialogue politique. Les échanges
commerciaux ne peuvent réellement contribuer au développement et à la lutte
contre la pauvreté que dans un
environnement débarrassé des guerres et autres conflits armés.
Permettez-moi donc, au moment où s’ouvrent les négociations d’un APE
pour cette région, de saluer les initiatives de paix qui ont été prises
concernant le Soudan et la Somalie. J’espère vivement que les efforts déployés
pour mettre fin à la guerre civile au Soudan, dans le cadre des pourparlers
menés actuellement au Kenya sous l’égide de l’Autorité intergouvernementale
pour le développement (IGAD), déboucheront sur une paix durable dans ce pays.
S’agissant de la Somalie, la signature d’un accord par les dirigeants
des différentes factions ouvrira la voie à l’adoption de la Charte fédérale
transitoire et à la mise en œuvre de la phase III des négociations visant à
choisir les membres de l’Assemblée fédérale transitoire. Nous attendons tous
avec intérêt le moment où la Somalie sera dotée d’un gouvernement légitime. Un
tel gouvernement créera la stabilité nécessaire qui permettra à la Somalie de
reprendre toute sa place dans la région. Je souhaite aussi très proche le
moment où la Somalie participera de nouveau aux activités du Groupe ACP pour le
bénéfice de sa population.
Monsieur le Premier Ministre,
Pour terminer, je voudrais assurer les négociateurs d’Afrique orientale
et australe, la COMESA et toutes les autres institutions régionales, du soutien
du Secrétariat ACP tout au long de leurs négociations. Je suis persuadé qu’avec
le concours de tous, la région saura conclure un APE qui serve sa
stratégie de développement économique et social.
Je vous remercie de votre aimable attention.
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