| BANANES : Le développement des pays ACP sacrifié au profit de la libéralisation du commerce
COMMUNIQUE DE PRESSE 06/04/09 Les Pays ACP vont perdre à la fois une bonne partie de leur préférence tarifaire si vitale pour la banane et une grande partie des fonds initialement promis pour permettre les ajustements dont ces pays ont besoin pour faire face aux conséquences de la libéralisation. Telle est la mauvaise nouvelle annoncée par la Commission européenne aux ambassadeurs ACP dans ces derniers jours du long conflit sur la banane qui a eu pour cadre l’Organisation mondiale du commerce. La Commission européenne a, le 12 mars 2009, proposé de réduire le tarif douanier appliqué aux importations NPF, de 176 euros par tonne actuellement à 136 euros par tonne d’ici à 2011, avec des dispositions permettant de poursuivre la réduction jusqu'à 114 euros par tonne à l’horizon 2019. Les pays ACP n'ont eu de cesse de faire remarquer à la Commission de l'UE que des réductions aussi considérables du tarif auraient des conséquences désastreuses pour les exportations ACP pour lesquels les préférences sont d'une importance vitale. Au vu de la croissance des importations en provenance des pays NPF dans le cadre du tarif actuel, une réduction aussi rapide n'est ni nécessaire, ni justifiée. Les réductions abruptes proposées entre 2009 et 2011 ne peuvent être en adéquation avec aucun des engagements pris par l'UE vis-à-vis des pays ACP, et notamment le tout récemment signé Accord de Partenariat Economique Cariforum-CE qui dispose que les réductions tarifaires doivent non seulement être "inévitables" mais doivent aussi "être étalées sur une période la plus longue possible". Par ailleurs, il n'y a aucune justification, en absence ou en anticipation d'un accord sur Doha, pour imposer l'ensemble du programme de réduction jusqu'à 114 euros, qui était initialement proposé dans le cadre des négociations de Doha. La Commission de l'UE a malgré tout maintenu ses propositions mais en proposer d'offrir un paquet d'ajustement pour permettre aux Etats ACP producteurs de bananes de faire face aux effets négatifs de ces concessions. Il est difficile d'imaginer comment une aide à l'ajustement pourrait permettre de traiter dans un délai approprié les problèmes émanant de la forte réduction initiale proposée. Dans tous les cas, le programme d'ajustement devrait au minimum être à la hauteur des problèmes crées. Ceci ne sera toutefois pas le cas. La Commission européenne a proposé un dispositif d’aide d’à peine 100 millions d’euros pour la période 2010-2013. Paradoxalement, elle encourage maintenant ces Etats à utiliser les ressources déjà engagées dans le cadre du Fonds européen de développement pour les leurs programmes indicatifs nationaux et régionaux respectifs et d’autres programmes en cours de mise en œuvre. Sans les ressources additionnelles promises par la Commission européenne, le partenariat de longue date ACP-UE pour le développement se trouve remis en question. La CE se retrouve à faire pression pour la libéralisation du commerce au mépris des conséquences pour les objectifs de développement inscrits dans l'accord de Cotonou signé avec les pays ACP ainsi que de l'impact socio-économique qu'un changement aussi soudain aurait en matière d'emploi et de niveau de vie dans les zones rurales. Pour les Etats ACP, en revanche, les exportations de bananes ne concernent pas seulement le commerce, mais aussi le développement. Cette activité a un impact direct sur l’environnement, la migration et l’intégration dans ces Etats. A l’heure où sévit une crise financière mondiale, les Etats ACP ne peuvent se permettre de sacrifier sur l’autel du libre-échange les rares sources de devises fortes dont ils disposent. Pour de plus amples informations, contacter: viwanou@acp.int
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