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Allocution du président de l’Assemblée Parlementaire ACP et copresident ACP de l’Assemblée parlementaire paritaire (APP) (Claude Nyassa, Cameroun) a l’ouverture solennelle de la séance pleniere de la 11ème session de l’APP Excellence Monsieur Heinz Fisher, Président fédéral de la République d’Autriche, Permettez-moi, M. le Président fédéral de la République d’Autriche, au nom des membres ACP de l’APP, de vous exprimer ainsi qu’au gouvernement, au peuple autrichien, et au Maire de Vienne, notre profonde gratitude, pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé dans cette belle et historique ville de Vienne et pour les installations appropriées mises à la disposition de notre conférence. Prenant la parole suite au décès du Co-Président ACP survenu le 9 avril dernier, je souhaite rendre hommage à l’honorable Georges Rawiri, pour son impulsion et ses efforts inlassables en vue de promouvoir les idéaux de notre institution commune. Son décès prématuré est une grande perte pour le Gabon son pays d’origine, mais aussi, pour le continent africain tout entier et bien entendu pour l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE. Je voudrais vous assurer que les membres ACP de l’Assemblée parlementaire paritaire continueront à œuvrer dans le sens des nobles idéaux et de la vision défendus par le regretté RAWIRI et ses prédécesseurs. Monsieur le Président fédéral de la République, Je voudrais rappeler que cette session est une opportunité pour nous, parlementaires, de renforcer la coopération ACP-UE à travers un débat de fond sur les questions touchant au partenariat ACP-UE. Après trois décennies, ce partenariat est aujourd’hui plus que jamais porteur de belles opportunités et de grands défis que nous devons maîtriser pleinement afin de promouvoir le développement durable de nos Etats. Ainsi, la révision de l’Accord de Cotonou, qui a été effectuée avec succès, nous fournit l’occasion de renforcer la coopération ACP-UE dans bien des domaines. De même, après de longues négociations sur les perspectives financières et l’enveloppe du 10ème FED, nous pouvons maintenant aller de l’avant et entamer les discussions de fond sur les questions liées à la mise en œuvre efficace du 10ème FED, qui couvrira la période 2008-20013. C’est dans ce sens que je voudrais souligner qu’il sera très difficile pour les Etats ACP d’atteindre, d’ici 2015, les objectifs du millénaire pour le développement, alors qu’une bonne partie du 10ème FED sera utilisée pour faire face aux coûts d’ajustement résultant de la mise en œuvre des accords de partenariat économique. Par ailleurs, nous espérons que tous les acteurs s’attacheront à résoudre les problèmes qui ont émaillé les FED antérieurs, en particulier ceux liés à la ratification, à la difficulté de mettre en œuvre les mesures financières transitoires ainsi qu’aux procédures de décaissement souvent compliquées et longues, pour utiliser au maximum ces ressources qui doivent permettre d’atteindre les objectifs de développement pour lesquels le FED a été conçu. Nous prenons acte des propositions de l’UE en matière de stratégies de coopération pour l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique et attendons, avec un vif intérêt, de voir comment ces stratégies seront élaborées et mises en œuvre, et d’en mesurer l’impact sur l’Accord de partenariat ACP-UE. Monsieur le Président fédéral de la République, Alors qu’approchent la fin des négociations sur les Accords de partenariat économique prévue pour décembre 2007 et l’entrée en vigueur du nouveau régime commercial ACP-UE le 1er janvier 2008, il subsiste encore bien des préoccupations pour les Etats ACP. Il en est ainsi, à propos de l’accent mis davantage par les négociateurs de l’Union européenne sur les questions d’accès aux marchés, alors que pour les ACP, le principal souci réside dans la dimension développement des ces Accords de partenariat économique. Il nous appartient, en partenaires partageant les mêmes objectifs, de faire en sorte que les APE soient accompagnés de mesures appropriées en matière d’appui au développement, afin de permettre aux Etats et régions ACP d’optimiser les avantages qui en découlent. En effet, 41 des 79 Etats membres du Groupe ACP sont classés dans la catégorie des pays les moins avancés. Il faut donc considérer avec la plus grande prudence le postulat selon lequel l’ouverture du marché de ces pays conduira au développement. La Déclaration faite le 18 décembre 2005 à l’occasion de la conférence ministérielle de l’OMC à Hong Kong fait écho à ce sentiment, en invitant les Membres à adopter des mesures spécifiques qui favorisent une intégration plus complète des petites économies vulnérables dans le système commercial multilatéral sans créer une sous-catégorie de Membres de l’OMC. Un autre des grands défis que les Etats ACP doivent relever dans leur processus de développement est celui de créer l’environnement politique et institutionnel nécessaire au développement durable et à la réduction de la pauvreté. En effet, la guerre civile et l’instabilité politique sont les ennemis du développement. Aussi, est-il encourageant de constater qu’au cours de ces derniers mois, d’importants progrès ont été réalisés dans le sens de la normalisation de la situation politique dans un certain nombre d’Etats ACP. Toutefois, nous sommes également conscients de nombreuses situations qui restent à résoudre. Nous nous employons à leur trouver solution, avec l’appui des sous-régions, de nos partenaires européens et de la communauté internationale. Par ailleurs, il est tout aussi important de prendre en compte le cas spécifique des pays en situation post-conflit, qui sont confrontés à des problèmes internes très ardus, notamment une capacité administrative médiocre, des institutions faibles ou inexistantes et des infrastructures en ruine. Ces problèmes ne peuvent être résolus qu’avec le plein appui de la communauté internationale. En effet, l’aide à apporter aux Etats et régions ACP en situation post-conflit doit être substantielle et différente de l’aide classique. C’est pour cette raison que nous devons continuer à insister sur une nécessaire intensification des efforts de la communauté internationale dans ce domaine. Et l’Europe qui connait mieux les ACP doit servir d’exemple.
Monsieur le Président fédéral de la République, Les thèmes des propositions de résolution d’urgence et des rapports des Commissions permanentes qui seront débattus au cours de cette session sont relatifs à certains des défis les plus pressants auxquels le partenariat ACP-UE doit faire face. Tel est le cas de la grippe aviaire. Le monde est actuellement confronté à un problème majeur de santé publique avec la propagation cette épizootie. Des cas auraient été confirmés dans plus de huit pays en Afrique. Dans la plupart des pays africains, les infrastructures sanitaires sont déjà sollicitées, jusqu’à l’extrême, par la pandémie du VIH/SIDA et d’autres maladies liées à la pauvreté comme le paludisme et la tuberculose. Ainsi, la lutte contre la grippe aviaire nécessitera une coopération internationale pleine et entière afin que les ressources humaines, financières, technologiques et épidémiologiques nécessaires soient mises à la disposition de tous les pays touchés, car cette épidémie ne connaît aucune frontière internationale. Il est dès lors tout à fait indiqué que l’APP participe au débat international sur les moyens de lutte contre la grippe aviaire à travers une proposition de résolution d’urgence sur cette épizootie. De même, le rôle de l’intégration régionale dans la promotion de la paix et de la sécurité, retiendra l’attention des membres de l’Assemblée parlementaire paritaire. En effet, la dynamique des conflits a toujours eu une dimension régionale, à travers l’insécurité qu’elle engendre dans les pays voisins qui sont obligés d’accueillir pour des raisons humanitaires les populations venant des zones de conflits. L’ampleur, la sévérité et la fréquence avec lesquelles ce phénomène se produit dans les Etats ACP, et particulièrement en Afrique, illustrent, si besoin en était encore, la nécessité d’inscrire le règlement des conflits dans une perspective régionale. Si, dans les différentes régions ACP, nous avons réalisé d’importants progrès en ce qui concerne les politiques et programmes d’intégration régionale dans le domaine économique, il nous reste par contre à accorder une priorité accrue aux efforts régionaux en matière de prévention et de règlement des conflits, les conflits constituant un des obstacles majeurs au développement et au progrès dans les Etats ACP.
Monsieur le Président fédéral de la République, Une autre question importante à l’ordre du jour de cette 11ème session de l’Assemblée parlementaire paritaire est la pêche et ses aspects environnementaux dans les pays en développement. Il s’agit de mettre en relief la corrélation entre les aspects de ce secteur touchant, d’une part, aux besoins nutritionnels, à la sécurité alimentaire et aux moyens d’existence et, d’autre part, l’impact probable résultant d’une technologie et de méthodes de pêche plus perfectionnées qui sont appliquées ces dernières années. Comme ce fut le cas dans d’autres secteurs du développement, la course effrénée au profit, ceci au mépris des conséquences environnementales, finira par dégrader fortement la qualité de vie des populations. De même, la situation énergétique dans les Etats ACP, élément crucial des programmes de développement, sera débattue pour envisager, entre autres, les voies et moyens d’utiliser les ressources énergétiques d’une manière durable, écologique et compatible avec l’objectif d’éradication de la pauvreté, conformément aux Objectifs du millénaire pour le développement. Il est intéressant de noter que les Etats ACP pourraient facilement être auto-suffisants pour toutes les sources d’énergie, mais le principal obstacle à cet égard est le manque de moyens financiers et technologiques, ce qui empêche beaucoup d’Etats ACP d’exploiter pleinement leurs ressources énergétiques. En outre, et s’agissant toujours d’énergie, il est à regretter que la hausse des prix du pétrole soit intervenue, et persiste, au moment même où les déficits budgétaires d’un grand nombre d’Etats ACP commençaient à s’améliorer, à la suite des mesures d’allégement de la dette prises dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés. Monsieur le Président fédéral de la République, Pour conclure, je voudrais redire la constante disponibilité et l’engagement ferme de la partie ACP à apporter sa contribution au renforcement et à l’efficacité toujours accrue du partenariat, déjà fort dynamique, entre des pays du Sud avec un groupe de pays développés du Nord. Dans ce sens, nos attentes sont grandes par rapport à la présente session de l’Assemblée parlementaire paritaire, qui se tient dans cette belle ville de Vienne qui fête, toute l’année 2006, le 250ème anniversaire de la naissance du virtuose que fut le grand compositeur de musique classique Wolfgang Amadéus Mozart. Je vous remercie de votre aimable attention.
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