Secrétariat du Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique

Forum des femmes - Le travail servile en Europe

Samedi, 23 Juin 2007

Le travail servile est la forme d'esclavage la moins connue, qui continue à prospérer aujourd'hui dans le monde. Tel est le message de fond adressé à une réunion du forum des femmes qui s'est tenue à Wiesbaden (Allemagne) le samedi 23 juin 2007, en marge de la 8ème session de l'Assemblée parlementaire ACP[1] et de la 13ème session de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE. Cette réunion, qui était coprésidée par Mmes Karin Scheele, d'Allemagne, et Alice Nzomukunda, du Burundi, a rassemblé des parlementaires des pays ACP et de l'Union européenne, ainsi que des représentants des organisations de femmes et des droits de l'homme.

Le travail servile, au sens étroit du terme, décrit une situation où une personne fournit un travail en remboursement d'une dette ou d'un prêt. Au sens large, le terme englobe également des situations diverses où des personnes, notamment des femmes, sont attirées par des promesses fallacieuses de vie agréable et de prospérité, et sont au bout du compte utilisées comme esclaves domestiques et même enrôlées dans la prostitution.

Bien que de nombreux pays aient adopté des lois visant à décourager le travail servile et d'autres formes d'esclavage, les participants à la réunion ont entendu des exposés expliquant comment et pourquoi cette pratique perdure dans les sociétés modernes. Les deux oratrices invitées, Mmes Bénédicte Bourgeois du Comité contre l'esclavage moderne et Virginia Wangare Greiner Directrice de Maisha Women's Organisation, ont ainsi relaté des cas concrets auxquels leurs organisations ont été confrontées en prêtant assistance aux personnes victimes du travail servile. Des participants venant des pays africains tels que la Mauritanie, le Mozambique et le Soudan ont également fait état de problèmes liés au travail servile et à l'immigration illégale dans leurs pays respectifs et évoqué les mesures prises par leur gouvernement pour y remédier.

Le cercle vicieux de la pauvreté a été avancé comme étant la principale cause du travail servile. Dans l'espoir d'améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs familles, des individus prennent des risques considérables en contractant des dettes qu'ils sont ensuite obligés de rembourser. Cette situation est notamment constatée dans le cadre de l'immigration illégale et de trafic d'êtres humains, où très souvent, les personnes n'ayant pas les moyens de payer leur passage s'endettent auprès du "facilitateur".

Alors que dans les pays africains et méditerranéens, la pauvreté est l'élément moteur du travail servile, l'Europe, elle, constitue un marché pour cette pratique. Les participants à la réunion sont tombés d'accord que l'Union européenne ainsi que les gouvernements et les organisations des pays d'Afrique et de la Méditerranée doivent déployer des efforts concertés en vue de réduire ce fléau.


[1] ACP signifie le Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, qui compte 79 pays membres.


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