ALLOCUTION DU SECRETAIRE GENERAL DU GROUPE ACP A L’OCCASION DE LA 9ÈME CONFÉRENCE MINISTÉRIELLE EXTRAORDINAIRE ACP SUR LE SUCREKisumu (Kenya), 22 - 26 septembre 2005 Excellence, Monsieur le Vice-président,
Nous avons bien compris qu'aucune autre localité que Kisumu n'aurait pu être choisie pour abriter cette conférence ministérielle sur le sucre. Parler de "promouvoir le développement durable du secteur sucrier ACP" aujourd'hui, exige qu'au delà des considérations rhétoriques, l'on s'approche de la réalité, et que l'on voie ce que représente le secteur du sucre pour les populations qui en dépendent. Nous devons voir ces réalités maintenant, car avec les menaces qui pèsent sur le secteur, si nous laissons les choses se poursuivre comme annoncé, nous risquons bientôt de n'apprendre que dans les livres d'histoire, la vie des communautés dans les régions sucrières. Ce sont des menaces réelles, et les décisions récentes prises par Saint-Kitts et Nevis sont là pour nous le rappeler si besoin est.
L'Union européenne a en outre, de son propre chef, dans le cadre de son système de préférences généralisé, introduit l'Initiative Tout sauf les Armes (TSA). La TSA a pour vocation de permettre aux pays les moins avancés (PMA) de soutenir le développement par un accroissement de leurs exportations vers l'Union européenne. Beaucoup de pays ACP ont, au bénéfice de cette initiative TSA, développé un secteur sucrier d'exportation qu'on ne saurait aujourd'hui détruire avec une réforme mal conçue. Les Etats ACP ont reconnu la nécessité de faire évoluer leurs économies pour ne pas rester en marge du mouvement d'intégration mondiale de l'économie. Mais la communauté internationale a elle même, que ce soit au niveau le plus large des Nations unies, avec les Objectifs de développement du millénaire, ou plus spécifique avec l'attribution du nom de "cycle de développement" aux négociations en cours à l'OMC, reconnu la nécessité d'accompagner les Etats dont les économies sont vulnérables, dans la poursuite de cette intégration dans l'économie mondiale. Nous devons avoir à l'esprit, et le rappeler à nos partenaires, qu'il faudrait éviter le paradoxe. Plaider pour un meilleur développement des membres les plus pauvres du partenariat, créer des instruments et développer des politiques à cet effet, et en parallèle, prendre des décisions qui anéantissent tous les impacts et les possibilités de voir se réaliser les effets attendus de ces instruments et politiques. Nous devons toujours rappeler qu'il est possible de se conformer aux engagements multilatéraux sans désavouer les accords bilatéraux existants. L'Union européenne, dans ce cas précis, pour se conformer aux contraintes de l'Organisation Mondiale du Commerce, n'a pas besoin d'introduire de changements brutaux et drastiques dans ses relations contractuelles avec les pays ACP producteurs et exportateurs de sucre, sachant qu'aucun pays ACP ne sauraient survivre à des changements d'une telle ampleur et sur une période aussi brève. Le thème même de la présente conférence suffirait pour se convaincre que les pays ACP sont conscients que l'ère du renouveau et de l'évolution est venu. Ils ne demandent qu'une chose, que cette évolution soit préparée, que les choix de chacun des pays puissent être examinés et discutés, afin qu'une cohérence soit préservée dans les politiques nationales de développement. Il est évident que pour certains pays ACP producteurs et exportateurs de sucre, il suffira de moderniser l'industrie sucrière pour la rendre compétitive dans le nouvel environnement qui se dessine. Il est tout aussi certain que pour d'autres il s'agira plutôt de se diversifier soit par une meilleure intégration de la filière, soit en dehors de la filière. Tous ces choix sont légitimes, et les moyens que nécessite leur mise en œuvre doivent participer à la décision sur l'ampleur et la vitesse du changement à introduire dans le secteur. Excellences,
Excellences, Je vous remercie de votre attention. |
