The Secretariat of the African, Caribbean and Pacific Group of States

FINANCEMENT DU DEVELOPPEMENT ET DE LA DIVERSIFICATION DES PRODUITS DE BASE

Genève, le 27 avril 2007 - Le secteur des produits de base est le pilier des économies des pays en développement et des pays les moins avancés (PMA). Il soutient leur sécurité alimentaire, leurs recettes d'exportation et le développement rural. Les perspectives d'augmentation de la demande mondiale de produits agricoles sont bonnes et pourtant, dans de nombreux pays en développement, la croissance de la production agricole a été lente. Ce manque de compétitivité se traduit souvent par une augmentation des factures d'importation de denrées alimentaires.

Pour être plus compétitifs et mener des activités à plus forte valeur ajoutée, notamment par la diversification, les agriculteurs et autres producteurs de produits de base doivent accéder plus facilement aux moyens de financement, y compris à des systèmes de prêts et autres programmes financiers plus efficaces et novateurs.

Le potentiel considérable des pays en développement en matière de produits de base reste inexploité. Les possibilités d'utiliser plus efficacement les ressources et d'accroître la productivité sont immenses. Faute de moyens financiers, les opérateurs ont beaucoup de mal a exploiter ce potentiel, sans parler de la difficulté à remplir les conditions plus rigoureuses du marché mondial : adaptation aux nouvelles technologies, concurrence plus rude sur le marché intérieur résultant de l'abaissement des obstacles à l'importation pour répondre aux exigences de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Les problèmes de financement ont aussi une incidence sur l'environnement au sein duquel opèrent les agriculteurs.  Les producteurs et les transformateurs n'ont pas les moyens d'investir dans l'équipement nécessaire, ce qui entraîne des coûts de production et de transformation inutilement élevés. En outre, l'infrastructure des zones rurales est souvent insuffisante, ce qui entraîne des coûts de transaction élevés et fait courir plus de risques aux producteurs et aux bailleurs de fonds.

Les difficultés de financement se sont aggravées depuis 10 à 15 ans, en particulier dans le domaine de l'agriculture et de la transformation agricole; et ce bien que la question des problèmes de financement soit au centre des programmes de développement rural. Le financement de l'agriculture a diminué depuis les années 1980. Dans les années 1990, il a chuté abruptement dans certains pays, souvent parce que les banques commerciales se sont retirées du secteur. Lorsqu'il existait des moyens de financement, ils étaient essentiellement octroyés aux grands emprunteurs, ce qui excluait la plupart des petits producteurs du système formel du crédit. De plus, dans les PMA l'aide extérieure à l'agriculture a diminué, l'aide publique au développement diminuant en moyenne de 20% par an entre 1981-90 et 1991-99.

Il est donc indispensable de donner une nouvelle impulsion au financement des produits de base et au développement rural.

Ces dernières années, on a accordé plus d'attention aux activités et à la recherche sur le financement structuré des produits de base, y compris par des organisations internationales telles que la CNUCED.  Les nouvelles méthodes donnent de bons résultats. Ce financement est axé essentiellement sur l'idée que l'emprunteur (qu'il s'agisse d'un producteur, d'une association de cultivateurs, d'un transformateur ou d'un commerçant) est un élément de la chaîne logistique des produits de base. Une telle approche est en effet le plus sûr moyen de fournir un financement. Les crédits sont fondés sur la performance de l'emprunteur dans la chaîne au lieu de l'être sur son risque de crédit. Cette stratégie permet aussi aux bailleurs de fonds d'atténuer les risques en groupant les crédits. Ils peuvent ainsi être remboursés par un ou quelques acheteurs plutôt que par une multitude de petits cultivateurs. Par ailleurs, les agriculteurs sont plus fortement encouragés à présenter des demandes (et à rembourser) dans le cadre des arrangements relatifs à leur offre et les risques encourus par le bailleur sont principalement limités aux risques de récolte - c'est-à-dire au risque que le cultivateur ne produise pas assez ou qu'il ne produise pas la qualité requise. Il est important également de noter que du point de vue du cultivateur, le financement de la chaîne logistique réduit le coût du crédit. Ces méthodes reflètent des tendances nouvelles caractérisées par la meilleure intégration des cultivateurs, des transformateurs et des négociants dans les chaînes logistiques nationales ou mondiales (par exemple, agriculteurs au bénéfice de contrats de culture avec des négociants ou des exportateurs ou de contrats de vente de leur récolte à des supermarchés).

Une autre méthode réductrice de risque est celle du "financement des récépissés d'entrepôt et de gestion des garanties". Une fois des systèmes de ce type mis en place, les agriculteurs peuvent entreposer leurs récoltes et obtenir des récépissés d'entrepôt (libellés en kilos et en tonnes du produit déposé dans un entrepôt sûr). Ils peuvent ensuite donner en gage ces récépissés d'entrepôt ou tirer sur leur compte pour obtenir du liquide ou acheter des intrants. Ce système permet aux cultivateurs de mieux contrôler leurs décisions en matière de commercialisation puisqu'ils ne sont plus obligés de vendre directement après la récolte aux prix en vigueur pour faire face à leurs besoins de cash flow.  Ils peuvent par contre emmagasiner leur production, attendre un meilleur moment pour vendre à des prix plus intéressants et obtenir du financement en échange de leurs stocks. 

Il est beaucoup plus facile de financer les produits agricoles si les mécanismes requis sont en place de façon à réduire les risques propres au secteur des produits de base (par exemple ceux dus à des causes naturelles, à la volatilité des prix et à l'insuffisance des garanties traditionnelles). Les banques nationales ont un rôle capital à jouer. Elles peuvent proposer des instruments pour atténuer ces risques comme, par exemple, des cautions pour catastrophes, des assurances contre les intempéries et des moyens de protection des prix. Elles peuvent aussi fournir des crédits en fonction des besoins des emprunteurs pour leur permettre d'améliorer leur capacité de production et augmenter aussi leur capacité de remboursement des prêts consentis.

Pour que les mécanismes novateurs de financement structuré donnent de bons résultats, il est indispensable de remédier aux insuffisances institutionnelles. La CNUCED l'a maintes fois souligné en conseillant aux gouvernements des pays en développement de mettre en place les cadres juridiques et réglementaires nécessaires pour encourager le financement du secteur des produits de base. L'expérience a montré que les faiblesses institutionnelles des pays en développement, associées au fait que les gouvernements n'ont pas réussi à instaurer un environnement juridique approprié, ont amené le secteur bancaire à s'écarter du financement de l'agriculture. Il est indispensable de surmonter ces difficultés. 

Il est aussi indispensable de conclure des partenariats entre les secteurs public et privé (PPP) dans le domaine du financement des produits de base. La pauvreté ne peut être éliminée sans partenariats commerciaux. Ceux-ci ne peuvent exister sans politiques gouvernementales qui les encouragent.  Les PPP peuvent consister à investir dans des systèmes d'irrigation et des entrepôts dans les zones rurales, à améliorer les routes et autres infrastructures de transport reliant les zones rurales et les ports, à développer et moderniser les  ports et les aéroports et à construire des installations d'étalonnage et d'essais.

Le commerce sud-sud est un autre élément important. Ces dernières années, importations et exportations de produits de base entre pays en développement se sont rapidement développées mais ces échanges n'ont pas encore assez d'appui financier.  Il peut être dans l'intérêt de tous de trouver des moyens pour renforcer le financement sud-sud. Cela permettrait de réduire la pauvreté, de diminuer les coûts des échanges, d'augmenter l'investissement sud-sud et d'assurer des rendements intéressants à ceux qui fournissent les moyens de financement. Plusieurs options peuvent améliorer la situation, notamment la mise en place d'une nouvelle institution de financement spécialisée, le renforcement de la coopération entre les banques d'import-export des pays en développement et les institutions de financement du développement (comme ceci se fait dans le cadre du "Réseau mondial des banques d'export-import et des institutions financières de développement (GNEXID)" créé par la CNUCED), le renforcement des organisations d'appui au financement du commerce et la création de nouvelles capacités financières par la création de fonds d'investissement destinés au commerce et à l'investissement sud-sud.

Contacts:



CFC, Charles Jama (Amsterdam)
T: +31 20 575 49 56
E:
charles.jama@common-fund.org
Veronica Cassavia (Brasilia)
T: +55 11 8429 2122
Web:
http://www.common-fund.org/

CNUCED, Muriel Scibilia (Genève)

T: +41 22 917 5725

E: muriel.scibilia@unctad.org
Web:
http://www.unctad.org/press


PNUD, Jean Fabre (Genève)

T: +41 22 917 8541
E:
jean.fabre@undp.org
Joao Paulo Gomes (Brasilia)
T: +55 61 3038 9110
E:
joao.paulo.gomes@undp.org.br
Web:
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ACP, Viwanou Gnassounou (Bruxelles)
T: +32 02 743 06 91
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