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PRIX DES PRODUITS DE BASE: L'INFORMATION
C'EST LE POUVOIR
Genève, le 27 avril 2007 - Les prix payés aux cultivateurs de cacao du Cameroun - le 5ème producteur mondial de cacao - varient de 50% entre Yokadouma (800 kilomètres du port de Douala) et Mbanga (60 kilomètres). Les cultivateurs reçoivent entre 25 et 8% du prix international moyen par kilo de cacao. De telles différences de rémunération pour le même produit agricole montrent combien les cultivateurs des pays en développement sont souvent désavantagés lorsqu'il s'agit de négocier les prix. Les acheteurs sont avertis, bien implantés au niveau international et bien informés alors que les petits exploitants disposent de beaucoup moins d'informations et exercent moins d'influence sur les grandes sociétés. En outre, comme ils doivent assumer divers frais - scolarité, médicaments, intrants agricoles et autres - il leur faut absolument vendre leurs récoltes pendant qu'elles sont encore utilisables. Souvent, ils se contentent d'accepter le prix qui leur est proposé. Jusque dans les années 1990, de nombreux pays en développement avaient des offices de commercialisation agricoles qui représentaient les cultivateurs, fixaient des prix minima et fournissaient différents services (installations d'entreposage, transports, campagnes de crédit, informations, intrants et contrôle de la qualité). Suite aux réformes commerciales de la dernière décennie, au cours desquelles les institutions financières de Bretton Woods ont incité les gouvernements à se dégager du secteur privé et à laisser les forces du marché jouer librement beaucoup de gouvernements ont mis fin à ces services. Le secteur privé n'ayant pas instauré de mécanismes de substitution, il s'en est suivi une "asymétrie de l'information" entre les acheteurs et les cultivateurs. La CNUCED a récemment élaboré une base de données, INFOSHARE, qui permet de recueillir et de partager des informations sur les prix des produits de base à chaque étape de la filière, depuis l'exploitation agricole jusqu'aux prix d'exportation et d'importation, y compris les coûts intermédiaires tels que ceux de stockage et de transport. La version finale d'INFOSHARE a été introduite au Cameroun en novembre 2006 et sera bientôt diffusée à d'autres pays intéressés. En consultant ce système sur le Web, les agriculteurs peuvent décider si les offres des acheteurs sont équitables. Le programme INFOCOMM de la CNUCED, lancé en 2001, donne des analyses sur les marchés internationaux des produits de base à l'intention des décideurs des pays en développement, des universités, des institutions financières et du public. Il s'agit d'un portail électronique multilingue organisé en dix rubriques allant des caractéristiques des produits et de la valeur des récoltes jusqu'aux marchés et prix d'exportation. Il a pour objectif de fournir des renseignements accessibles, fiables et actualisées sur les marchés des produits de base. Il comprend également des liens avec les principales organisations de produits, des groupes internationaux de recherche et des universités. De plus, des bulletins mensuels d'information sur les produits de base provenant de sources autorisées sont à la disposition des utilisateurs d'INFOCOMM. Environ 12 à 15 millions de personnes dans le monde, dont 60% dans les pays en développement, consultent actuellement INFOCOMM. Contacts: CFC, Charles Jama (Amsterdam) CNUCED, Muriel Scibilia (Genève) T: +41 22 917 5725 E: muriel.scibilia@unctad.org *** ** *** |
