The Secretariat of the African, Caribbean and Pacific Group of States

NOIX DE CAJOU : LE COMMERCE SUD-SUD

ET LE DILEMME DE LA TRANSFORMATION



Genève, le 27 avril 2007 - L'augmentation rapide des échanges entre pays en développement au cours de ces dernières années est souvent considérée comme une tendance positive qui permettra de réduire la pauvreté et assurera la croissance économique . . . mais il est parfois utile de regarder ce qui se cache derrière les chiffres pour voir où vont les bénéfices relatifs.

La noix de cajou peut être considérée soit comme une belle histoire de l'intensification du commerce Sud-Sud - comme on l'appelle - soit comme un avertissement concernant l'incapacité fréquente des pays africains à diversifier leurs économies de façon à ce que les produits de base puissent être transformées en produits mieux finis  qui  permettent souvent de meilleurs profits.

La production de noix de cajou, bien que peu importante en quantité - 2.2 millions de tonnes par an en moyenne dans le monde  par rapport à  67.8 millions pour les bananes - présente de grandes différences en termes de valeur ajoutée. La coque de la noix contient une résine très caustique utilisée, entre autres, dans l'aéronautique. La résine rend le décorticage délicat et difficile. La production des pays africains représente 36% de la production mondiale de noix de cajou brutes mais, comme il est difficile de les décortiquer, ils exportent 75% des noix sous forme brute, principalement vers l'Inde.  La valeur de ces noix telles qu'importées en Inde est d'environ 9.000 dollars US la tonne. Mais leur valeur à l'exportation après traitement est en moyenne de 5.300 dollars US la tonne. Les pays africains qui n'effectuent pas ce traitement perdent donc la possibilité d'avoir des secteurs économiques hautement rentables tels que celui de l'aéronautique.


Le Mozambique était le principal pays producteur et exportateur avec plus d'un tiers du marché mondial entre 1961 et le milieu des années 1970. En 1975, le gouvernement a décidé d'interdire totalement les exportations de noix de cajou non décortiquées afin d'encourager la transformation locale.  A la fin des années 1980 et au début des années 1990, sur les conseils de la Banque mondiale et en dépit de l'hostilité des sociétés nouvellement privatisées, les autorités mozambicaines ont décidé d'éliminer les obstacles aux exportations de noix de cajou non décortiquées. Contrairement à ce qui était prévu, cette politique a profité beaucoup plus aux négociants et aux intermédiaires qu'aux petits agriculteurs. En outre, les installations nationales de transformation étaient dans l'impossibilité de concurrencer les producteurs de noix décortiquées des autres pays et elles ont finalement été obligées de fermer ce qui a provoqué un chômage important.

Figure 1. Parts des pays africains dans les importations de noix de cajou par l'Inde

 

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